Soirée Michel Bettane du 10 février 2014

Le 10 Février 2014, l’UGV a accueilli, à Colmar, Michel Bettane. On ne présente plus ce célèbre critique de vins, mondialement reconnu, et co-auteur du Guide Bettane & Desseauve.

Tout comme pour les conférenciers des sessions précédentes de l’UGV, l’exercice de style imposé à Michel Bettane fut de décrire, selon lui, les ressorts nécessaires à la production de Grands Vins et d’illustrer son propos par la dégustation d’une sélection de vins de cette classe.

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D’entrée, Michel Bettane eut à cœur de rassurer les 160 membres présents de l’UGV que l’Alsace à le potentiel de produire de Grands Vins. Cependant un grand vin n’est pas une création naturelle, innée ou immédiate. Au contraire, le vigneron réalise avant tout le fruit de son ambition, de sa réflexion, de sa volonté et de son imagination. Un Grand Vin se construit, en tout premier lieu dans l’esprit du vigneron. Le résultat se situe à l’exacte articulation entre le don de la nature, le travail du vigneron, et bien entendu  la satisfaction de l’amateur.*

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Le don de la nature est une évidence en Alsace, riche de ses innombrables terroirs. En général ces terroirs sont connus car ils se sont définis au fil des siècles, voire des millénaires, grâce à l’observation patiente des anciens. A cet endroit, dans leur rôle de serviteurs des terroirs interviennent aussi les cépages, façonnés par des générations de vignerons.

Le travail du vigneron, justement, c’est le savoir-faire de l’homme issu de sa tradition, de sa formation, de sa connaissance et de son expérience. Connaissance et expérience au sens large toutefois, car rien n’empêche le vigneron d’aujourd’hui de puiser à des sources éloignées, au sens propre du terme, de son environnement local.

En tout état de cause le vigneron dispose de la liberté de produire un Grand Vin. C’est un vrai choix, mais qu’il s’agit d’assumer dans sa réalisation. Il faut donner beaucoup de soi et les débuts sont lents et difficiles. La réussite nécessite aussi des relais collectifs dans le cadre des règles administratives et législatives de l’AOP, dans le domaine de la communication et éventuellement pour la partie commerciale.

Rôle de la hiérarchisation.

Michel Bettane insiste sur le fait qu’un grand vin est le résultat d’une chaine qui commence à la vigne et se termine avec l’émotion que la dégustation d’un grand vin apporte au plus grand nombre. Pour atteindre cette émotion, chaque maillon est important et nécessite une attention particulière, en amont bien entendu, mais aussi au moment de la dégustation, par le choix du verre, par la température du vin, l’ambiance, sans oublier la qualité des mots choisis pour parler du vin.

L’émotion donnée par un grand vin participe aussi directement à l’accomplissement personnel de son vigneron en lui permettant d’inscrire sa propre empreinte à la fois dans le temps et dans l’espace.

Pour faire ressentir cette émotion collective à l’assistance, Michel Bettane fit découvrir les 7 Grands Vins suivants :

  • Corton Grancey 2003    Louis Latour
  • Côte du Rhône 2007      Château Fonsalette
  • Saint Julien 1996              Léoville Las Cases
  • Cahors – Cuvée la Marguerite 2011        Domaine Maisonneuve Cosse
  • Sancerre – Cuvée Edmond 2007              Alphonse Mellot
  • Pouilly Fuissé- Les Menetrières 2011     Domaine Ferret
  • Sauternes – Château Climens   2002

La soirée s’est prolongée autour d’un buffet dont la qualité n’avait d’égal que les grands vins grappillés et la qualité des échanges entre convives.

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